Les organes du tractus urinaire sont composés de :

des reins : assurent la filtration du sang, l'équilibre des minéraux et permettent l'élimination des déchets toxiques

• des uretères: sont deux petits tuyaux étroits qui prolongent les reins et servent à transporter l'urine jusqu'à la vessie

• de la vessie : est un réservoir servant à stocker l' urine

de l'urètre: canal qui conduit l'urine de la vessie à l'extérieur

Le rein est formé d’un cortex, d’une médulla, de calices et d’un bassinet. (Fig.2)

 

Le cortex et la médulla forment le parenchyme rénal qui est la partie fonctionnelle du rein.

 

La fonction essentielle de ce tissu, où se trouvent les néphrons (formés chacun d'un glomérule et d'un tube urinifère), est l'élaboration de l'urine.

Le néphron est l'unité fonctionnelle du rein qui est constituée d'un glomérule et d'un tubule. Il est responsable de la purification et de la filtration du sang. en remplissant les fonctions d'excrétion des déchets (créatinine, urée,..) de maintien du volume hydrique, de maintien de l'équilibre hydrominéral et acido-basique.

Dans un premier temps, le sang est filtré au niveau des glomérules : les cellules sanguines et les grosses molécules (protéines) sont retenues par ce filtre mais l’eau, les électrolytes et les petites molécules passent. Une première urine dite primitive est alors formée.

Dans un second temps, la composition de l’urine est modifiée par des échanges très étroitement régulés avec des capillaires sanguins entourant le tubule proximal, l’anse de Henlé et le tubule distal. Ces échanges (réabsorption et sécrétion) permettent aux néphrons d’assurer leur fonction de maintien de l’homéostasie.

L’urine définitive circule ensuite dans les tubes collecteurs, jusqu’au bassinet puis est stockée dans la vessie.

II- Les symptômes des infections urinaires

Les symptômes d'une infection urinaire dépendent de la partie infectée de l'appareil urinaire :

-Les infections urinaires des voies basses affectent la vessie c’est la cystite. Les symptômes de l'infection urinaire basses comprennent :

- brulure urinaire ;

- miction fréquente ;

- l'urgence urinaire ;

- urine sanglante ;

- urine trouble ;

- forte odeur dans l’urine ;

- douleur pelvienne chez les femmes ;

- douleur rectale chez les hommes.

Les infections urinaires des voies hautes affectent les reins. L'agent infectieux remonte alors l’appareil urinaire et atteint le bassinet (pyélite) et les néphrons (néphrites), on parle de pyélonéphrite de très graves complications peuvent être entrainé si les bactéries passent du rein infecté dans le sang ( la bactériémie).

 

Cette infection généralisée est appelée septicémie manifestée par une hypotension et un choc septique potentiellement mortel.

Les symptômes d'une infection urinaire des voies hautes comprennent:

- douleur ;

- des frissons ;

- fièvre ;

- la nausée ;

- vomissement. 

III. les mécanismes de défenses chez l’hôte

- Les infections urinaires sont le plus souvent provoquées par Escherichia coli (80-90% des cas).

D'autres possibilités incluent Klebsiella, Enterococcus, Proteus mirabilis et Staphylococcus saprophyticus

 

- La colonisation périurétrale par le pathogène envahisseur constitue l'étape initiatrice d'une cascade d'événements conduisant à une infection urinaire

 

- La plupart des agents pathogènes, responsables des infections urinaires sont naturellement présents dans le tube digestif, qui est le réservoir naturel.

V. Pathogenèse des infections urinaires

A. Infections d'origine exogène (dites aussi "ascendantes")

Lésion rénale aigue : Obstruction et la lésion tubulaire aboutissent à à un œdème interstitiel et un infiltrat cellulaire, Cela peut conduire à une insuffisance rénale aigue

La pyélonéphrite est une Infection des reins qui marquée par l’atteinte du parenchyme rénal : « pyélonéphrite » est une inflammation du bassinet ( pyélo) +suppuration du tissu rénale. ( néphrite ).

 

Ascension : Les bactéries poursuivent leur progression ascendante dans les uretères et se diriger vers les reins. 

Certaines bactéries secrètent des toxines pour inhiber le péristaltisme afin de reduire le flux urinaire.

Pénétration dans la vessie : les fimbrea favorisent l’adhérence et la pénétration des bactéries au cellules uro-épithéliales de la vessie. Ainsi, les bactéries continuent à se multiplier et à former un biofilm

Colonisation : Des bactéries provenant de la flore intestinale, vaginale, cutanée ou de l'environnement colonisent l’extrémité distale de l’urètre

B. Infections d'origine endogène (dites aussi "descendantes")

Dans de rares cas, les bactéries proviennent d'un foyer infectieux distant (par exemple pulmonaire, cutanée ou dentaire), arrivent par le sang et pénètrent dans les reins.

C. Infection d'origine génitale

Chez l'homme, une infection génitale (prostatite, orchite) peut être à l'origine d'une infection urinaire. Le sperme contamine alors la partie haute de l'urètre et, de là, l’épithélium vésical.

VI. Facteurs de pathogénicité bactérien

- Certaines bactéries uropathogènes (Escherichia coli, staphylocoques, corynébactéries, mycoplasmes) possèdent la propriété d'adhérer aux cellules urothéliales.. Ainsi fixées, les bactéries sont difficilement emportées par le flux urinaire.

- Systèmes de captations du fer : Escherichia coli possède plusieurs sidérophores pour acquérir le fer indispensable à sa croissance .

- Les hémolysines : ces toxines produites par certaines souches d’E. coli, de Proteus vulgaris et de Morganella morganii lysent les cellules rénales en formant des pores dans leurs membranes.

- La capsule, présente chez les Klebsiella et certaines souches d’E. coli, protège les bactéries de la phagocytose.

- Le flagelle des souches d’UPEC et de Proteus est un facteur reconnu mais non indispensable de colonisation de l’appareil urinaire.

- La présence des lipopolysaccharide (LPS) et des hémolysines qui provoquent une forte réaction inflammatoire aboutissant à la destruction des tissus. Les bactéries peuvent alors pénétrer dans les capillaires sanguins et être à l’origine d’une bactériémie.

- Production d'uréase : Les Proteus, la plupart des Providencia, Klebsiella pneumoniae, les staphylocoques possèdent une uréase qui métabolise l'urée en ions ammonium et ions hydroxyles.Il s’en suit une alcanisation qui peut provoquer une précipitation d'ions normalement solubles tels Mg2+ et Ca2+ en cristaux qui s’agrègent en calculs responsables d'une stase rénale.

VII Présentation clinique

Le dépistage urinaire par bandelette constitue un moyen simple et unique de révéler de nombreuses maladies à un stade précoce. Le test montrant des nitrites positifs ou une leucocyte estérase suggère une infection urinaire, ce qui augmente la probabilité de pré-test de 25%.

 

• Nitrite: est dépistée grâce à la propriété des bactéries capable de réduire les nitrates d’origine alimentaire en nitrites. Les bactéries présentant une nitrate réductase ce sont des entérobactéries.

Leucocyte estérase: positive car les granules de neutrophiles contiennent des enzymes ayant une activité estérasique; La présence de neutrophiles dans l'urine indique une inflammation et la migration des leucocytes dans les voies urinaires.

• Seule la culture d'urine positive est considérée comme véritable diagnostic d'une infection urinaire, cependant, l'urine ne doit être cultivée que dans le cadre d'une infection clinique ou de symptômes infectieux; Comme mentionné précédemment, la bactériurie asymptomatique est fréquente et ne nécessite pas de traitement.

Bibléographie

• European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology. 2011 Jun;156(2):131-6.

• Deutsches Arzteblatt International. 2010 May;107(21):361-7.

• Infectious Disease Clinics of North America. 1987 Dec;1(4):751-72.

• The New England Journal of Medicine. 2012 Mar 15;366(11):1028-37.

• The Lancet Infectious Disease. 2004 Oct;4(10):631-5.